Pinterest : pourquoi c’est un chouette outil

Connaissez-vous Pinterest ?  

C’est un outil basé sur les images en ligne : à condition que les images soient déjà  hébergées sur un serveur connecté, Pinterest vous permet de d’épingler (« pin ») celles qui vous intéressent (« [in]terest ») dans des dossiers personnels virtuels, un peu comme si vous découpiez une photo dans un magazine avant de le jeter, pour la mettre de côté et l’utiliser plus tard.

L’outil vous permet :
– de légender l’image capturée
– d’enregistrer l’URL de l’image capturée.

Vous pouvez remplacer ou effacer ces deux informations à tout moment : dès l’enregistrement de l’image ou bien plus tard. Si la page a associé une légende à l’image, alors Pinterest enregistrera cette légende par défaut.
Pinterest enregistrera également par défaut l’adresse (URL) de la page.

Vous organisez votre collection, dans des dossiers et des sous-dossiers appelés « tableaux » (comme les tableaux de liège où l’on punaisait l’article de journal relatant la coupe de judo remportée par le petit dernier), puis vous décidez de la diffuser ou de la garder pour vous, partiellement ou en totalité, et  même de la faire commenter par vos abonnés.

A savoir :
Si la photo prélevée est présentée dans une pop-up, c’est l’adresse de cette pop-up qui sera conservée par Pinterest, et non l’adresse de la page d’origine, ce qui explique qu’on ne remonte pas toujours à la page donneuse depuis une photo Pinterest (notamment en prélevant sur un blog « clé en main », qui transforme le nom des pages (et du blog) en nombres uniques, vous ne retrouverez pas le nom du blog dans l’adresse stockée, ou encore depuis FB).

Exactement comme avec une collection d’images découpées dans des magazines, si vous ne légendez pas la photo, si vous ne la situez pas dans l’espace et le temps, vous perdez toutes les informations.  Ces deux opérations dépendent de vous, et de vous seul. Vous serez l’unique personne  à blâmer pour votre négligence ; l’outil de stockage n’y est pour rien du tout, il prélève ce qui est fournit, il n’invente pas ce qui ne l’est pas.

A titre personnel, nous utilisons beaucoup cet outil, avec environ 130 tableaux groupant de 10 à 500 épingles ; il est très utile pour faire des instantanés tout en indiquant précisément le contexte de prélèvement, en attendant que la photo fasse l’objet d’une note, d’un billet ou d’un catalogage plus personnel.

Pinterest est juste un outil. Un outil numérique mais juste un outil (qui dépend de celui qui stocke).

 

PEBKAC…

 

Connaissez vous le sigle PEBKAC1 cher aux geeks et  bien connu des SAV ? Il cible le plus souvent l’incompétence d’un client (qui n’a pas lu la notice ou qui fait n’importe quoi par facilité).

 

Considérons  un marteau.
Donnez un marteau à un singe et il n’en sortira rien de bon (ou alors par pur hasard).
Donnez un marteau à un as de la réparation de céramique, et cela fera merveille2

Considérons un marteau, une vis, un tournevis et un clou.
Celui qui a besoin d’enfoncer un clou dira d’un tournevis qu’« il est inadapté », et il aura raison.
Celui qui a dans les mains un clou et un marteau mais qui ne sait pas faire la différence entre un clou et une vis dira probablement la même chose (« il est inadapté »), mais il aura tort car il tient déjà l’outil parfaitement adapté à son besoin !…

 

Prenons un exemple frustrant

 

Considérons Pinterest, et les tableaux Pinterest publics de notre voisin.

Notre voisin a sauvegardé des images de roses parce qu’il a l’intention de s’en inspirer pour les inclure dans une aquarelle qu’il a envie de peindre.
Nous sommes à la recherche de rosiers pour notre jardin et, par la magie d’un outil de recherche, nous tombons sur le tableau en question.
Nous serons toutefois bien déçus de ne pas trouver sous l’image le nom de la variété avec un lien vers la pépinière qui l’a produite, mais à la place, simplement la description « aquarelle pour le salon dans les tons rouges ».

Mais l’outil n’y est pour rien

C’est notre voisin qui a décidé de son propre degré d’exigence pour sa propre collection de modèles à peindre. Il se trouve que la photo seule lui suffit car il a juste l’intention de s’en inspirer pour la transformer en aquarelle et décorer son salon. Ce qui est son droit…
Et Pinterest ne lui impose pas de renseigner tous les champs disponibles associés à la photo.
Et Pinterest n’a pas à le faire à sa place…

Le tableau de roses de notre voisin est donc parfait pour lui, inutilisable pour nous mais, pour autant, Pinterest n’est pas en faute. Simplement, notre voisin et nous, n’avons pas le même but de stockage.

Pinterest n’est pas une banque de données gérées et suivies, il n’y a pas de gestionnaire central qui vérifie ni contrôle la pertinence de ceci ou cela, ni la cohérence entre l’image et sa légende (et c’est tant mieux !)
Pinterest est un outil de stockage d’images permettant, si le stockeur le souhaite (et uniquement s’il le souhaite, et c’est tant mieux) d’ajouter la légende de son choix (y compris fantaisiste car chacun est libre de décider).

 

Pinterest est ce que vous en faites. Si vous y stockez des inepties, il restituera vos inepties.

 

Lorsque vous trouvez une image non légendée ou mal légendée, ce n’est pas parce que Pinterest est un ignorant (un marteau ne peut pas être ignorant ni savant).

C’est parce que l’utilisateur qui a stocké cette image-là est un ignorant (et que le paresseux ignorant qui a copié et rediffusé sans chercher à comprendre ni vérifier est juste un paresseux ignorant – les fake-newsers adorent ce genre de comportement moutonnier…).

Si ça se trouve, nous avons enregistré exactement la même image, dans un de nos tableaux, mais avec la légende correcte ! Et si vous étiez tombés sur cet enregistrement-là, vous n’auriez pas eu envie de blâmer Pinterest3.
Une même image et un même outil, amis deux stockeurs différents et tout change.
Tout dépend de l’utilisateur de l’outil et de ses intentions (et s’il est paresseux, et s’il est informé, et s’il est organisé, etc…).

 

Et maintenant, une collection d’épingles efficace

 

A présent que nous avons compris que Pinterest n’est qu’un reflet des internautes, avec les qualités et les défauts des individus eux-mêmes, voyons comment tirer le meilleur parti de l’outil en tant qu’espace de stockage personnel.

Si ce n’est déjà fait, ouvrons un compte (sans compte, il n’est pas possible de consulter grand chose, même si des épingles sont publiques).

Pour commencer, installons l’add-in Pinterest pour notre navigateur préféré4. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est pratique et l’on peut à tout moment le désactiver si l’on trouve que cela consomme trop de ressources. Nous ne décrirons pas ici les opérations d’enregistrement dans Pinterest sans ce greffon.

Ce greffon fait apparaître un  bouton  Pinterest (fig.1) dans la barre en haut du navigateur (ici chrome), fait apparaître un bouton rouge sur une image lorsqu’on la survole de la souris (fig. 2), et enrichit le menu  qui apparaît  lorsqu’on « clique-droit » sur une image disponible5 (fig.6).

 

Fig. 1

Fig. 2

Ensuite, et sans tomber dans le technique ou le rébarbatif, il est peut-être nécessaire de regarder d’un peu plus près comment fonctionne Pinterest et ce qu’il fait plus précisément.

Pour que notre collection d’épinglages puisse être réutilisable, il faudrait, à chaque capture, vérifier que l’URL enregistrée est bien celle de la page qui décrit l’image.

Pas uniquement l’URL de l’image (qui est récupérée automatiquement par l’outil) mais bien l’URL de la page qui commente l’image.

C’est une nuance qui peut compter lorsqu’on capture une image de blog car il arrive que ce soit l’identifiant numérique du blog (et non son nom) qui soit utilisé pour construire l’adresse de l’image ; nous avons bien enregistré une adresse valide mais elle est décorrélée de la page qui l’utilise, nous ne reconnaissons plus le titre du blog, nous ne pouvons pas remonter à la racine, nous avons une image orpheline et nous avons perdu la « source » !

C’est une nuance qui compte aussi lorsque l’image convoitée est propulsée dans une pop-up, ayant plus ou moins de liens avec la page-mère. La plupart des sites bien faits gèrent très bien la chose, et Pinterest trouvera son chemin vers la page mère. Mais pas toujours !

Alors avant de quitter le site « donneur »,  affichons l’épingle récente et vérifions que le lien est correctement mentionné.
Et comme l’URL en suffit pas, profitons-en pour vérifier la légende de l’image et pour la rectifier si besoin.

 

En pratique

Si nous capturons une image depuis Facebook par exemple, le rétro-lien automatique vers le statut FB (et la description de l’image) sera impossible, car il faut user de quelques acrobaties pour que Pinterest puisse extraire une image FB.

Action !

Depuis une conversation FB (fig. 4), isolons l’image partagée en cliquant-droit sur « ouvrir l’image dans un nouvel onglet » (fig. 5). Au passage, profitons-en pour copier l’URL de la conversation (de la conversation, pas de l’image !) dans la souris le presse-papier (ctrl+C). Profitons-en pour remarquer que le greffon Pinterest ne trouve pas d’image à copier, vu qu’il ne propose pas d’enregistrer l’image dans le menu clic-droit (fig. 5).

Fig. 4
Fig. 5

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons fait un clic-droit sur l’image + ouvrir dans un nouvel onglet. Dans la barre d’adresse du nouvel onglet (fig. 6) est mentionnée une URL un peu bizarre, en   « https://scontents-cdg2-1xx.fbcdn.net/ » qui est typique des images FB affichées isolément.

Lorsque la souris survole cette image dans ce nouvel onglet, le bouton rouge Pinterest « enregistrer » apparaît, et un clic droit sur l’image ouvre un menu où figure à nouveau le bouton rouge « P enregistrer » (toujours fig. 6).

 

Fig. 6

Cliquons sur un des boutons « P enregistrer » (bouton ou menu, peu importe). Choisissons un tableau existant ou, créons un nouveau tableau.  Une fois l’image enregistrée, cliquons sur « afficher l’épingle ».

 

L’adresse enregistrée automatiquement par Pinterest (dans le rectangle gris avec une flèche oblique)(fig. 7) pour l’épingle en question n’est pas en http://facebook.com mais en « scontent-cdg2-1xxfbcdn.net » (fig. 6)

Fig. 7

 

Cliquer sur cette adresse,  retournera directement sur l’image isolée (et nous n’aurons pas accès aux  informations fournies par la page FB dans la conversation).

Choisissons de rectifier le tir, en modifiant l’épingle :  cliquons sur le stylo en haut à gauche des trois petits points (fig. 7).

Fig. 8

Ajoutons le texte « conversation sur FB » dans la case « Description » de la pop-up qui s’est ouverte (fig. 8).  Modifions également l’URL du Site Web, en y collant (ctrl+v)  l’URL de la conversation FB (qui est dans le presse papier) et enregistrons les modifications.

Après modification (fig. 9),  l’adresse enregistrée pour l’épingle est une URL plus claire qui pointe sur la page d’origine (en facebook.com) et le commentaire « conversation sur FB chez Untel » est ajouté dans la description.

 

A savoir
Pinterest respectera ce que vous avez stocké. Il ne modifiera rien tant que vous ne le modifiez pas vous-même. Si l’adresse que vous avez enregistrée est modifiée par le propriétaire du site dans quelques jours ou que le site disparaît dans quelques semaines,  vous aurez un lien cassé (et Pinterest n’y sera pour rien).

 

 

Fig. 9

Pour modifier à nouveau ces informations, il suffit de cliquer sur le stylo en haut à gauche et de recommencer l’opération !
Il serait par exemple judicieux de remplacer « Conversation sur FB chez Untel » par le nom du manuscrit, le folio prélevé et éventuellement la scène représentée…

 

A savoir
Le moteur de recherche de Pinterest se base sur le contenu de la case description…

 

Voilà ! Plus d’excuse pour que vos tableaux Pinterest soient cafouilleux, brouillons ou imprécis.

Une autre astuce : si vous souhaitez utiliser Pinterest en mode solo, vous pouvez verrouiller tableau par tableau avec l’option « secret »… Mais chut ! ne le répétez pas.

 

En dernier recours, pour les réfractaires

Pour éviter les déceptions, vous pouvez exploiter l’opérateur d’exclusion  « – » dans vos recherches dans Duckduckgo ou  Qwant (fonctionne aussi avec  Bing ou Google, qui ne sont pas nos amis) : ajoutez  « -pinterest » à votre phrase de recherche ;  les résultats existant dans Pinterest seront filtrés et vous seront épargnés.

 

 

 


 





Notes
  1. littéralement : problem exists between keyboard and chair =  le problème se situe entre le clavier et le siège, une ellipse peu flatteuse pour désigner l’utilisateur en tant que principal responsable d’un comportement inattendu d’un logiciel[]
  2. vidéo de la réparation de céramique en Chine[]
  3. mais ne vous inquiétez pas : nos tableaux sont majoritairement privés, ils ont dont  très peu de chance de vous induire en erreur[]
  4. bouton pinterest disponible selon navigateur y compris pour smartphones[]
  5. toutes les images ne sont pas disponibles  pour un épinglage Pinterest[]

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