Les deux lignes de l’illustration font un parallèle entre un miracle de l’Ancient Testament et un miracle du Christ.

On lit « heliseus » au-dessus de la scène. Devant Hesileus, on lit « der weissagelün. » ce qui signifie « de la prophétie ». Ceci confirme qu’il s’agit bien de Heliseus.
Le repas de la première ligne montre donc un miracle du prophète Elisée (le successeur d’Elie/Helias) durant lequel multiplie vingt pains d’orge pour nourrir cent hommes (Second livre des Rois chapitre 4, versets 42-44, les vingt pains d’orge).
On aurait pu penser également au miracle de Hélias purifiant (il fait un signe de bénédiction) un plat empoisonné (Second livre des Rois chapitre 4, versets 38-41, La mort dans le pot) mais alors il n’y aurait plus de parallèle avec le Christ multipliant pains et poissons dans la ligne suivante.
Sur la table d’Helyas, les deux pâtés noirâtres résultent probablement de l’oxydation d’un un pigment argenté destiné à représenter un pichet (et peut-être une de ces nefs de table qui contenaient sel, épices et parfois des couverts).
Le repas de la première ligne montre donc un miracle du prophète Elisée (le successeur d’Elie/Helias) durant lequel multiplie vingt pains d’orge pour nourrir cent hommes (Second livre des Rois chapitre 4, versets 42-44, les vingt pains d’orge).
On aurait pu penser également au miracle de Hélias purifiant (il fait un signe de bénédiction) un plat empoisonné (Second livre des Rois chapitre 4, versets 38-41, La mort dans le pot) mais alors il n’y aurait plus de parallèle avec le Christ multipliant pains et poissons dans la ligne suivante.
Sur la table d’Helyas, les deux pâtés noirâtres résultent probablement de l’oxydation d’un un pigment argenté destiné à représenter un pichet (et peut-être une de ces nefs de table qui contenaient sel, épices et parfois des couverts).

La deuxième ligne montre le Christ (identifiable grâce à son nimbe crucifère) multipliant deux poissons et cinq pains (trois sur la table, un dans la main de Jésus plus éventuellement un derrière l’homme en bleu) à l’occasion du Discours de pain de vie. Jésus fait asseoir tout le monde dans l’herbe et demande à ses disciples de distribuer la nourriture. Le titre, qui déborde dans le décor, dit « Dâ speist unser Herr fünf tausent mensch von fünf proten uñ zwain vischen », c’est à dire « Ici, nourrit notre seigneur cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons ».

Il s’agit de deux repas d’exception, il n’est pas certain que la bienséance des banquets s’appliquent.
Certains affirment que porter son couteau à la bouche est grossier. Mais vu qu’il n’y a que des cuillères et des couteaux à table, rien n’est plus naturel.
Certains affirment que porter son couteau à la bouche est grossier. Mais vu qu’il n’y a que des cuillères et des couteaux à table, rien n’est plus naturel.
Quoi qu’il en soit voici un rappel sur les bonnes manières à table (qui diffèrent finalement assez peu des bonnes manières actuelles) dans la littérature germanique médiévale (parce que cette enluminure est germanique). Il n’y a rien dans cette liste qui signale que le fait de porter son propre couteau à la bouche soit un signe de gloutonnerie ou de grossièreté. Si vous disposez d’informations contraires, n’hésitez pas à les signaler sur Facebook.
« – ne pas utiliser la même cuillère que le voisin pour puiser dans un même plat,
– ne pas boire dans un plat,
– ne pas faire de bruit avec la bouche,
– ne pas remettre dans le plat commun un morceau qu’on aurait -entamé,
– ne pas mettre les doigts dans le sel ou la moutarde,
– ne pas se racler la gorge en mangeant,
– ne pas se moucher dans la nappe, ne pas boire la bouche pleine,
quand on coupe le pain ne pas appuyer la miche sur le ventre ou la poitrine comme une faible femme,
– ne pas souffler sur les boissons ni sur les plats,
– ne pas regarder par-dessus le gobelet en buvant, s’essuyer la bouche avant de boire, il est permis de boire entre les plats si c’est nécessaire,
– ne pas mettre le doigt sur la lame du couteau en coupant, ne pas se coucher sur la table,
– ne pas se gratter la gorge en mangeant,
– ne pas se curer les dents à table,
– ne pas se moucher à table et surtout ne pas s’essuyer le nez avec la main,
– ne pas saucer le plat commun avec du pain,
– ne pas se servir dans un plat en même temps qu’un autre,
– ne se nettoyer ni le nez ni les yeux ni les oreilles en mangeant,
– il vaut mieux avoir encore faim que de trop manger, ne pas trop boire,
– trop manger au Carnaval ou à Pâques est dangereux : il y a eu des milliers de morts pour avoir trop mangé, de toute façon on s’abîme l’estomac,
– ne pas boire sans soif, ne pas manger sans faim : si on boit sans soif et mange sans faim on meurt rapidement,
la meilleure boisson est le vin, a dit Freidank, un poète épigrammatique, que cite le pseudo Tannhäuser,
– ne pas manger des mets trop chauds, si grande soit la faim, qui mange trop dans sa jeunesse aura un gros ventre dans sa vieillesse, ce qui ne sert que peu à l’âme.
On retrouve les mêmes règles dans les autres textes. S’y ajoutent :
– se laver les mains avant de manger et se couper les ongles mais ne pas se les laver devant des seigneurs et des dames nobles (herren und frawen) et ne pas les essuyer sur ses vêtements, mais les laisser sécher avant de se mettre à table ,
– le maître de maison doit donner de l’eau après le repas et ne pas se laver les mains devant un serviteur,
– se peigner les cheveux et se rincer la bouche avant le repas
– se dégrafer la ceinture avant de manger
– ne pas quitter la table, sauf si c’est absolument nécessaire
– ne pas trop enfoncer la bouche dans le gobelet
– ne pas donner du sel à un autre convive avec la main
– ne pas manger bruyamment
– ne pas se goinfrer
– ne pas commencer à manger avant son compagnon ou avant que les autres convives aient commencé, ne pas commencer à manger avant les dames et les hôtes de marque
– ne pas parler la bouche pleine
– si votre compagnon est assis à votre droite, manger de la main gauche, c’est pourquoi il faut s’entraîner à manger avec les deux mains
– ne pas se précipiter pour prendre quelque chose dans le plat
– ne pas prendre dans le plat le meilleur morceau quand un étranger est assis à côté de vous
– ne prendre que ce qui est nécessaire et remettre le reste dans le plat
– ne pas se pencher sur le plat en bougeant la bouche dans tous les sens comme un cochon
– attendre pour commencer à manger que son compagnon soit assis à table
– ne pas manger pendant que son compagnon mange, ne pas boire pendant que son compagnon boit ne pas manger pendant que son compagnon boit
– regarder le convive qui mange avec vous dans le même plat, mais ne pas prendre de la nourriture en même temps que lui ,
– regarder le convive qui mange avec vous dans le même plat, mais ne pas prendre de la nourriture en même temps que lui ,
se garder de mettre de la nourriture des deux côtés de la bouche , ne pas remettre de la nourriture dans la bouche avant qu’elle soit vide
– ne pas manger du pain avant que le premier plat soit servi ,
– manger peu pour rester en bonne santé, mettre de l’eau dans le vin et ne pas trop remplir le gobelet
– ne pas mettre les doigts dans les œufs, écaler son œuf avec un couteau et ne pas jeter les coquilles d’œuf sur le sol mais les remettre dans le plat ; une autre technique est de casser un œuf sur du pain
– ne pas mettre les doigts dans les œufs, écaler son œuf avec un couteau et ne pas jeter les coquilles d’œuf sur le sol mais les remettre dans le plat ; une autre technique est de casser un œuf sur du pain
– pour partager un poisson avec un autre convive, il faut le couper en deux et lui donner le morceau où est l’arête : ainsi il croira à tort avoir le plus grand morceau et le premier aura son avantage (sic !) : c’est la première apparition dans un texte de 1492 du Grobianismus, de la grossièreté, la goujaterie : on respecte les apparences (on partage du poisson et donne apparemment le plus gros morceau, mais au fond avec l’arrière-pensée de garder pour soi le meilleur morceau5).
– ne pas s’essuyer la bouche avec la nappe, mais avec la main
– ne pas se moucher dans la nappe ni dans la main, mais dans ses vêtements (sic !) , et ne pas cracher sur la table ; si on veut cracher il faut se détourner
– ne pas mettre les cruches (qui ne sont signalées que dans un texte daté de 1470) sur la table, on peut servir à boire avant que le premier plat soit servi, mais il ne faut pas boire avant de manger
– boire modérément et ne pas trop se mouiller les lèvres , l’ivresse est un grave péché,
– ne pas regarder dans le gobelet en buvant ,
– se tenir droit à table et ne pas s’appuyer sur le coud, ne pas mettre ses mains sur la table ni son bras
– prendre garde qu’il n’y ait pas de saleté sur la lame du couteau
– tenir la cuillère élégamment par le manche et la retirer avec bienséance de la bouche
– prendre correctement sa nourriture, sa cuillère, la salière, l’assiette et le pain
– ne pas trop mettre de nourriture dans la bouche et vider la bouche avant de remettre de la nourriture dedans
– être gai et joyeux à table mais ne pas fanfaronner -ni rire ni parler trop fort ni trop bavarder, mais parler peu, cependant ne pas se taire complètement : il faut garder la mesure ,
– ne pas roter à table
– ne pas se gratter à table
– ne pas glisser sa main sous son vêtement, ni porter la main sur sa poitrine ou sur la tête, car on pourrait croire que vous avez des puces
– ne pas renverser de la boisson en buvant
– ne pas salir son vêtement avec de la boisson ou de la nourriture et ne pas se barbouiller la bouche comme un chien (283,99-103),
– ne pas tenir le nez trop haut ,
– il est inconvenant de bâiller . »
Buschinger, Danielle. « Banquets et manières de table dans la réalité et la fiction au Moyen Âge ». Banquets et manières de table au Moyen Âge, Presses universitaires de Provence, 1996, https://doi.org/10.4000/books.pup.3580.